Sur les pas des Huguenots

Parcours en Vercors – Trièves

De Poët-Laval à Vizille, le parcours traverse Die, Châtillon en Diois, Col de Menée, Le Percy, Mens et La Mure avec de nombreux hébergements en Vercors sous les crêtes.

« Sur les pas des Huguenots » est un projet de coopération mené dans le cadre du programme européen LEADER+ par cinq Groupements de communes allemands et deux Groupes d’Action Locale français, le GAL des Calades et des senteurs et le GAL Pays Diois.
Il consiste en la création d’un sentier international de grande randonnée suivant le tracé historique de l’exil des Huguenots dauphinois vers la Suisse et l’Allemagne après la révocation de l’édit de Nantes (1685-1690). Le sentier part du Poët-Laval dans la Drôme pour atteindre Genève puis Francfort-sur-le-Main et se termine à Bad Karlshafen au nord de la Hesse en Allemagne. Il est long de 1400 km, ce qui en fait l’un des plus longs chemins de randonnée européens

Contexte historique :

En 1598, le roi de France, Henri IV, signe l’Edit de Nantes, autorisant la liberté de culte aux protestants dans certaines limites et leur accordant certaines places fortes militaires. Henri IV lui-même était un ancien protestant et avait été forcé de se convertir au catholicisme pour pouvoir accéder au trône. La promulgation de cet édit mit fin aux guerres de religion qui ont ravagé la France au XVIe siècle.

En 1685, le roi de France, Louis XIV, révoque l’Edit de Nantes. Le protestantisme devient dès lors interdit sur le territoire français. Les temples sont détruits ou reconsacrés au culte catholique. Les huguenots ne se soumettent pas et s’exilent vers la Suisse, l’Allemagne, l’Angleterre ou encore la Hollande, terres d’accueil où le protestantisme est largement développé. Ceux qui restent en France sont persécutés jusqu’au milieu du XVIIIe siècle par les célèbres « dragons ». Ces fuites dureront plusieurs décennies et verront l’émigration de près de 200 000 personnes, dont beaucoup d’artisans ou de membres de la bourgeoisie.

Les Princes électeurs de la Hesse et du Brandebourg par exemple, voyant l’opportunité d’accueillir cette population huguenote souvent bien formée et d’un bon niveau intellectuel, prennent des mesures d’accueil à peine dix jours après la révocation de l’édit de Nantes. Des lopins de terres leurs sont réservés, ainsi que la possibilité de mettre en place une administration parallèle judiciaire et pénale. Les persécutés se transforment en colons. L’intégration des Français se passa relativement bien et apporta la venue de nouveaux métiers tels que l’horlogerie ou la tannerie. L’influence des Huguenots français se fit sentir dans tous les domaines de la culture allemande, notamment la langue, et reste aujourd’hui encore remarquable dans les grandes villes d’immigration telles que Berlin ou Francfort-sur-le-Main.

L’étymologie la plus communément acceptée pour huguenot renvoie au suisse alémanique Eidgenossen, soit confédérés, expression désignant les villes et cantons helvétiques partisans de la Réforme à la suite d’Ulrich Zwingli.

Platary

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