VERCORS L’écrivain
Jean Bruller, dit « Vercors », est né le 26 février 1902 à Paris, de l’union d’une mère française (Ernestine Bourbon) et d’un père d’origine hongroise (Louis Bruller) qui est venu de Hongrie à Paris. L’histoire de son père arrivé à Paris et auquel des amis de ses parents vont trouver un emploi a inspiré la nouvelle La marche à l’Étoile publiée pendant l’Occupation.
Après des études d’ingénieur électricien, dont il obtint le diplôme à l’Ecole Bréguet, il devient dessinateur humoristique et illustrateur dans la lignée de Gus Bofa. On lui doit en particulier l’album pour enfants Patapoufs et Filifers, d’André Maurois, et 21 recettes pratiques de mort violente [1].
Pacifiste jusqu’en 1938, il est mobilisé pendant la Seconde Guerre mondiale à Mours St-Eusèbe près de Romans au pied du massif du Vercors. Il entre ensuite dans la Résistance, encouragé par Pierre de Lescure, et prend le pseudonyme de Vercors, nom d’un massif montagneux et d’un maquis célèbre. En 1941, il co-fonde, avec Pierre de Lescure, les Éditions de Minuit, maison d’édition clandestine et y publie sa nouvelle Le Silence de la mer en 1942. Il est le concepteur du logo à l’étoile des Éditions de Minuit. Il participe également au Comité national des écrivains (CNE) et au Mouvement de la paix. Il a écrit ses souvenirs dans La Bataille du silence.
Dans Le Silence de la mer, Vercors ne dédie pas son livre à un grand résistant ou à une figure de la liberté mais à Saint-Pol-Roux, Poète assassiné. Saint-Pol-Roux est un vieil homme qui meurt de chagrin en 1940 quand son manoir contenant tous ses textes inédits est pillé, peu après qu’un soldat allemand a violé sa fille et tué sa servante. Tout comme Le Silence de la mer veut évoquer une résistance muette au bord des cris, cet homme qui meurt brisé, presque futilement, est le symbole même de la lutte silencieuse de Vercors.
Il est aussi connu pour un roman philosophique, Les Animaux dénaturés, dont fut tirée la pièce Zoo ou l’assassin philanthrope. Il meurt à Paris le 10 juin 1991.
Le fonds d’archives de l’écrivain est désormais consultable à la bibliothèque de l’Université du Maine rebaptisée Vercors depuis.
Å’uvres [modifier]
Romans [modifier]
Les Animaux dénaturés, Albin Michel (1952)
Colères, Albin Michel (1956)
Sylva, Grasset (1961)
Quota ou les Pléthoriens avec Paul Silva-Coronel, Stock (1966)
Le Radeau de la Méduse, Presses de la Cité (1969)
Sillages, Presses de la Cité (1972)
Comme un frère, Plon (1973)
Tendre naufrage, Plon (1974)
Les Chevaux du temps, Tchou (1977)
Le tigre d’Anvers, Plon (1986)
Nouvelles [modifier]
Le Silence de la mer (1942)
La Marche à l’étoile (1943)
Le Songe (1943)
Ce jour là (1943) (inclus dans le recueil de nouvelles Le Silence de la mer)
L’impuissance (juillet 1944) (inclus dans le recueil de nouvelles Le Silence de la mer)
Le Cheval et la Mort (1944) (inclus dans le recueil de nouvelles Le Silence de la mer)
L’imprimerie de Verdun (inclus dans le recueil de nouvelles Le Silence de la mer)
Les Armes de la nuit (1946)
Les Yeux et la lumière, Albin Michel (1948)
La Puissance du jour, Albin Michel (1951)
Sur ce rivage, I – III, Albin Michel (1958-60)
Clémentine (1959)
Sept sentiers du désert, Presses de la Cité (1972).
Le Piège à loup (1979)
Pièces [modifier]
Zoo ou l’Assassin philanthrope, adaptation théâtrale des Animaux dénaturés, Avant-Scène, Galilée (1963)
Å’dipe-Roi (1967)
Le Fer et le Velours (1969)
Théâtre (1978)
Albums [modifier]
21 recettes pratiques de mort violente précédées d’un Petit Manuel du Parfait Suicidé, éd. Tchou (réédition), Paris, 1977 (21 aquarelles, chez l’artiste, 1926)
Hypothèses sur les amateurs de peinture, 16 lithographies, chez l’artiste (1927)
Un homme coupé en tranches, Hartmann (1929)
Nouvelle clé des songes, avec vingt aquarelles de l’auteur représentant les rêves typiques, Creuzevault (1934)
L’enfer, 27 aquarelles, Aux Nourritures Terrestres (1935)
Visions intimes et rassurantes de la guerre, Aux Nourritures Terrestres (1936)
Silences, huit estampes dessinées, gravées, imprimées et coloriées à la main, Aux Nourritures Terrestres (1937)
La danse des vivants (1932-1938):
Les Relevés Trimestriels, 12 fascicules, 120 estampes, Aux Nourritures Terrestres, 1932, 1933 et 1934.
Première suite aux Relevés Trimestriels, Aux Nourritures Terrestres, 1935.
Divers [modifier]
Chroniques bibliophiles, La Quinzaine Critique (fin des années 1920), Arts et Métiers Graphiques (années 1930)
Le Sable du temps, essai, Emile Paul (1945)
Les Mots (1944), essai, Emile Paul, réédité par Actes-Sud (1994)
Souffrance de mon pays, essai, Emile Paul (1945)
Portrait d’une amitié, essai, Albin Michel (1946)
Plus ou moins homme, essai, Albin Michel (1948)
Les Pas dans le sable, essai, Albin Michel (1954)
Les Divagations d’un Français en Chine, essai, Albin Michel (1956)
P. P. C. Pour prendre congé, essai, Albin Michel (1957)
Goetz (un écrit sur l’art), essai, Musée de poche (1958)
Les Chemins de l’être, essai, Albin Michel (1965)
La Bataille du silence, mémoires, Presses de la Cité (1967)
Les Contes des cataplasmes, contes pour enfants, Rouge et Or (1971)
Questions sur la vie à MM les biologistes, essai, Stock (1973)
Tendre Naufrage (1974)
Ce que je crois, essai, Grasset (1975)
Sens et non-sens de l’Histoire, essai, Galilée (1978)
Je cuisine comme un chef, Seghers (1976)
Camille ou l’enfant double, pour enfants, Rouge et Or (1978)
Assez mentir !, essai, Ramsay (1979)
Cent ans d’histoire : I. Moi, Aristide Briand (1981), II. Les occasions perdues (1984), III. Les nouveaux jours (1985), Presses de la Cité
Ann Boleyn, Perrin (1985)
Costumes et décor de L’orphelin de Chine de Voltaire, mise en scène Jean Mercure, Comédie-Française, Paris (1965)
Illustrations [modifier]
Dessins dans L’ingénu, Sans Gêne, Les Echos Parisiens, Le rire, Fantasio, Allô Paris, Les Annales, Vendredi (années 1920 et 1930)
Couleurs d’Egypte, par P. Coronel (1928)
1992, par André Maurois, Hartmann (1929)
Le corbeau, par Edgar Poe, chez l’artiste (1929)
Comédie en marge du monde, par Rudyard Kipling, Hartmann (1930)
Patapoufs et Filifers par André Maurois, Hartmann (1930)
Puck de la Colline, par Rudyard Kipling, Hartmann (1931)
10 légendes en marge du livre, par S. Sylvestre de Sacy, Creuzevault (1931)
Pétanque de Toulon (1932)
Les Plaideurs, par Jean Racine, Les Bibliophiles du Palais (1933)
Baba Diène et Morceau-de-Sucre, par Claude Aveline (N.R.F., 1937), illustré de 30 dessins par Jean Bruller. Ouvrage naïf destiné à l’apprentissage du français par les Japonais.
Silence par Edgar Poe (1941)
La ballade du vieux marin, par S. Coleridge (1942)
Reproductions de tableaux de maîtres par le procédé « La callichromie » (Léger, Braque, Monet, Renoir, Van Gogh, Picasso, Degas, Pissarro, Sisley…) (1952-1958)
La danse des vivants, recueil d’estampes de Jean Bruller, édition établie par Alain Riffaut, Culture et Recherche (2000)

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